Big Bang theory
Toute ressemblance avec une série américaine décrivant la vie de 2 geeks physiciens (Sheldon et Leonard) et de leur blonde, mais néanmoins jolie voisine (Penny), ne serait pas totalement fortuite.
Épisode 1 : Star Trek: insurrection
Vous n’avez pas pu le rater, même au fin fond de l’Auvergne (notez que je n’ai rien contre l’Auvergne, j’ai même un collègue de Montluçon), « on a frôlé le big one ». Au-delà du ridicule d’une telle affirmation, je voudrais revenir sur le fil des événements liés à la « faille DNS mondiale : lorsque l’Internet a failli s’écrouler ». Ridicule encore ? No comment
Tout a débuté avec l’annonce par les éditeurs de serveurs DNS de la mise à disposition d’un patch résolvant une faille critique. Certes, réussir à coordonner les principaux éditeurs est un exploit (sans mauvais jeu de mot pour une fois). Mais, effet du poisson lumineux, il n’en fallait pas plus pour exciter la curiosité d’une communauté habituée à traquer la faille et user de ses neurones. Au final, la vulnérabilité est comprise 15 jours avant sa divulgation.
Côté technique, l’exploitation est astucieuse pour augmenter la probabilité de réussite de l’attaque. Au départ, Sheldon pensait que c’était impossible : I think that you have as much of a chance of having a sexual relationship with Penny as the Hubble telescope does of discovering at the center of every black hole a little man with a flashlight searching for a circuit breaker.
Après moultes (frites) tergiversations, le secret est percé par quelqu’un connaissant à peine le réseau, mais beaucoup mieux les maths. On relève alors des exploitations à grande échelle de la faille : l’impossible devient réalité.
Sheldon: You do understand that our efforts here will in no way increase the odds of you having sexual congress with this woman?
Leonard: Men do things for woman without expecting sex.
Sheldon: Those would be men who just had sex.
Moralité : il est impossible, lorsqu’une personne a eu une idée originale et que des fuites se produisent, que d’autres ne la retrouvent pas.
Épisode 2 : Star Trek: The Undiscovered Country
Dans une publication privée réalisée par une société française dont je tairai le nom, on pouvait lire le passage suivant à propos d’une conférence réalisée par votre serviteur et É. Filiol où nous parlions de « cryptographie malicieuse » : « si l’approche ‘Full Disclosure‘ peut éventuellement être acceptable dans le contexte de la divulgation de vulnérabilités, elle apparaît être plus difficilement justifiable dans le cas de la vulgarisation de procédés ».
Il existe donc des personnes qui pensent qu’il vaut mieux divulguer un 0-day sur Apache ou IIS que d’expliquer des algorithmes et des formules. Dont acte, on est en plein paradigme de la Terre du Milieu. Comme nous l’avons vu dans l’épisode 1, il est effectivement probable que d’autres personnes aient trouvé les mêmes choses que nous ou les aient réalisées ensuite ou avant, et que le procédé se propage :
Leonard: We need to widen our circle.
Sheldon: I have a very wide circle. I have 212 friends on myspace.
Leonard: Yes, and you’ve never met one of them.
Sheldon: That’s the beauty of it.
Si je comprends bien le reste de cette analyse de notre présentation, il ne faudrait jamais communiquer sur les travaux de recherche car, potentiellement, des gens mal intentionnés pourraient détourner les résultats à des fins malveillantes. Sans blague ? Que faudrait-il faire alors ? Arrêter de penser ? Ne communiquer les résultats qu’à une élite clairement identifiée à tendance auto-proclamée ? Rien ne sert de tergiverser pendant des heures, et retour à la vraie vie :
Leonard: You know, Penny, we make such a good team, maybe we could enter a couple of Halo tournaments sometime.
Penny: Or we could just have a life.
Moralité : rien ne sert de chercher, il faut trouver à point. Qu’on divulgue peu ou prou, tout finit par se savoir et se propager.
Épisode 3 : Star Trek: The Final Frontier
Un autre événement n’est pas passé inaperçu cet été, le conflit Russie-Géorgie. Passons outre la géopolitique de la situation pour nous concentrer (tel le lait, bien que je sois lactose-intolérant) sur l’information numérique cruciale : des attaques cybernétiques se sont produites contre la Géorgie. On se retrouve dans les conditions du postulat du hamburger. Une première source parle de cyber-conflit émanant de la Russie. Une deuxième reprend la même chose, rajoutant éventuellement quelques fioritures, et ainsi de suite. Et à la fin, on doit tout gober, nous faire avaler n’importe quoi.
Leonard: Alright, get some rest and drink plenty of fluids.
Sheldon: What else would I drink? Solids? Gases? Ionized plasma?
Leonard: Drink whatever you want.
En creusant un peu à droite à gauche, on ne trouve finalement presque rien : progression à la vitesse d’un modem 56K (comme dirait F. Bayrou). À partir de quelques faits simples, on ajoute quelques suppositions, et pour conclure, tout le monde est convaincu qu’il y a eu une opération numérique délibérée menée par la Russie contre la Géorgie. Il va peut-être falloir consulter :
Sheldon: (at The Cheesecake Factory) Who do I speak to about permanently reserving this table?
Penny: I don’t know, a psychiatrist?
Moralité : l’esprit humain développe des capacités imaginatives à partir de pas grand chose.
Épilogue : Star Trek: Generations
Que conclure de tout cela ? Rien de quoi provoquer un nouveau Big Bang. Toute chose étant égale par ailleurs, la solution la plus simple est toujours la meilleure :
Leonard: Sheldon, why is this letter in the trash?
Sheldon: Well, there’s always the possibility that a trash can spontaneously formed around the letter, but Occam’s Razor would suggest that someone threw it out.
On peut donc arguer qu’il y ait ou non une information pertinente, la propagation a quand même lieu.
Heureusement que je ne suis pas (encore) parti en vacances et que j’ai focalisé toutes mes facultés intellectuelles pour arriver à un tel résultat. Il faudrait peut-être que je m’aère : Sheldon: Ladies and gentlemen-honored daughters-while Mr. Kim, by virtue of his youth and naivety, has fallen prey to the inexplicable need for human contact, let me step in and assure you that my research will go on uninterrupted and that social relationships will continue to baffle and repulse me. Thank you.
Remerciements : Star Trek: The Motion Picture
Je tiens à remercier Laurent Butti et Franck Veysset pour la réalisation de ce dossier :
Penny: Why can’t all guys be like you?
Leonard: Because if all guys were like me the human race couldn’t survive.
Bon retour et bonne lecture,
Fred Raynal
P.S. : La surprise dont je vous parlais dans le précédent édito arrive en kiosque début octobre (le 3) : un nouveau hors-série, sur le thème de la carte à puce cette fois.
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