Le Parisien, il vaut mieux l’avoir en journal
Il y a quelques jours, je partis en voyage, voyage, à Laval. Mais, pour cette expédition, le désir (me) laisse pantois. En Parisien authentique, tout ce qui se trouve au-delà du périphérique me semble plus loin que la nuit et le jour. Prenant mon courage à deux mains et un billet de train, en route pour l’aventure.
J’étais donc à Laval, avec Vanessa, pas ravie. Nous hélâmes un taxi, mais cette bourgade est manifestement plus connue pour son palindrome que pour l’endroit où nous nous rendions : il nous répondit qu’il n’allait pas partout, Joe. Après moult pérégrinations, nous parvînmes enfin au lieu tant attendu.
Il s’agissait d’une soutenance de thèse. Je me rappelais ma propre fébrilité en des circonstances identiques. Et là, j’allais devoir poser des questions, pertinentes dans la mesure du possible. Encore eusse-t-il fallu que j’eus lu, p(i)étri de trac et d’incompréhension, ce document dans son intégralité. Je connais le candidat depuis quelques années, je suis admiratif de son travail et de sa progression : les enfants ont grandi. Allez Seb, lève-toi, et que l’écho de ta voix vienne jusqu’à moi.
Arrive donc la séance de questions. Dans le jury, Philippe l’habille pour l’hiver. Seb se défend, il tape sur le bon bout et joue pas les requins. Délibérations. Le jury est convaincu par la recherche et décerne le titre espéré.
Entre-temps, il s’est mis à pleuvoir. Laval sous le soleil, on cherche les habitants. Mais sous la pluie, je ne vous raconte même pas le désert : David, Jonathan, ils ne viennent pas pour les vacances. Ils se tirent ailleurs ! Du coup, sans craindre les embouteillages pour rejoindre la gare, je serai un peu en avance au rendez-vous de ma promesse avec le train.
On me dépose à la gare : le tableau d’affichage est en panne. J’attends une annonce indiquant la voie du train, mais le haut-parleur reste sans voix. Il y a maintenant 2 TGV à quai. Je cherche une trace, un signe de vie, mais le temps qui passe me laisse dans la nuit. Je fonce au hasard vers un des trains, un pied devant l’autre. Trop tard, trop d’indécision. Je retourne voir le guichetier, revenu, et lui indique la panne du tableau et du haut-parleur. Il nie. Je proteste. Finalement, Jean-Pierre (m)adhère : mon billet est intégralement remboursé.
Tout émoustillé à l’idée de passer encore 2h dans ce trou^W bled^W havre de paix, je sors de la gare : rue déserte, dernière cigarette, plus rien ne bouge. Je pars dans mes pensées, où des tonnes d’images se succèdent. Quand on s’y abandonne, le monde des idées nuit à moitié (qu’on peut également écrire l’idée-monde mi-nuit).
Pourquoi narrer cette tranche de vie passionnante ? Parce que lire MISC, c’est comme un voyage à Laval (<msg perso>ou à Montluçon</msg perso>). Ça paraît difficile et rebutant au premier abord, mais, une fois passé ce cap, on oublie tout, tous les barrages qui nous empêchaient d’exister. Quand je lis les articles, j’ai de rares blancs (enfin, ceci est une autre histoire), mais j’apprends.
Afin de faciliter ce périple, nous vous proposons de nouveaux aménagements : maquette, rubriquage, etc. n’hésitez pas à nous retourner vos remarques. Comme la rose, l’or ancien et ce numéro, tous sont des invitations au voyage, vers Laval ou en Afrique, par faim de folie au son des tambours.
Bonne lecture,
Fred Raynal
P.S. :
1) Un grand merci, encore une fois, à Renaud Bidou pour avoir pris en charge le dossier de ce numéro. Renaud, tu ramones, hey ho let’s go !!!
2) Que les grammairiens me pardonnent quelques concordances plus que douteuses. Pour compenser, je retourne dans le Bescherelle et le lit (mais d’Eros).
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